La Consolation

C’est l’histoire d’un silence qui se brise dans un éclat cristallin.

C’est l’histoire d’une chanson qui fit irruption dans un fracas de lumière, un matin où je ne l’attendais plus.

C’est l’un de ces êtres entre deux mondes, une muse entre le rêve et la réalité qui murmure ses mots pour qui saura les entendre.

Certains jours il est des grâces qui vous attendent dans un message. Lison ne m’avait pas écrit depuis des mois. Parfois elle revenait au hasard dans le casque me murmurer son souvenir. Cette belle apparition blonde que j’ai eu la chance de rencontrer et de connaître. Poétique, insaisissable et sensible, suspendue dans les belles chansons qu’elle compose sous le nom de MOrisse. Ces notes qui se faufilent dans vos songes et les signent comme des toiles de maîtres. Ces musiques qui disent vos rêveries. Comme ces bribes éthérées qui s’attardent parfois dans vos éveils. Des répits au vacarme et des respirations qu’on prend. Des ailes d’ange dont on oublie parfois qu’on les avait dans le dos.

Il est des gens qui ressemblent à des voyages et à des consolations. Des besoins de douceur qui se glissent dans des frissons musicaux. On cherche les mots longtemps pour les décrire.

Cette chanson ressemble à un retour d’inspiration et à une invitation au dehors. A reprendre un chemin, à se souvenir de l’effet que ça fait, de hasarder son pas dans la beauté du monde. Avoir le courage et l’envie des bouteilles à la mer. Quitter la pesanteur des doutes pour retrouver la flânerie et les émerveillements. Se souvenir des dieux et des esprits qui peuplent l’univers quand on s’arrête pour simplement le regarder. Lever le nez du fond des écrans et se reconvertir au vent

Se dire que oui, il nous arrive d’oublier comme c’est beau.

J’ai lancé la musique et j’ai mis mes pas dans la poésie de cette muse. Avec ce curieux trouble qui vous envahit quand on a le sentiment qu’on a trouvé des mots pour vous, des dédicaces impalpables pour vous aider à vivre et faire renaître en vous la force d’un sourire, l’entrain d’un avenir et l’espoir d’un moment. On la suit dans la verdeur de son paysage, à caresser les fleurs à arpenter la montagne, à goûter le réconfort d’un soleil saturé. Tout ce qu’on oublie. La noblesse des nuages à portée de regard, que l’on oublie parfois dans la brume de nos vies à toute allure et des vagues qui nous menacent à l’horizon.

L’arpège d’un piano électrique qui fredonne une berceuse, et la voix d’ange qui décrit les tristesses qui nous menacent, qui nous submergent, quand on oublie la chance d’être vivant. D’être là et de profiter du monde. De son immensité et de sa noblesse voilée souvent par nos soucis, par nos névroses, par tout ce qui nous menace. La fragilité de tout ce qui est beau. Et les rivages jonchés de prières. Des instantanés de félicités dont on doit prendre soin, le galop d’un cheval ou le bruit d’un ruisseau. Ce qui nous sauve de nos buts, de nos chutes, de tout ce qui nous fait capituler, de tout ce qui nous met à genoux certaines heures, dans nos contorsions de douleurs éphémères.

C’est l’histoire d’un silence qui se brise et d’un barrage qui cède, d’un voile qui se lève et de paupières qui s’ouvrent.

Ces images qui me font songer à la poésie de Terrence Malick et cette silhouette presque fantomatique, comme une héroïne des sœurs Brontë devenue lumineuse, comme l’esprit de ces montagnes saisi à son insu dans sa méditation. Des contemplations volées par un regard amoureux. La caméra la suit comme on la suit dans ses mots, dans son chant, dans sa fin de mélancolie pour renouer avec la majesté fragile de tout ce que l’on ne sait plus remarquer. Prendre soin de ces instants fugitifs qui portent en eux nos envies d’éternité. Notre désir de se dire que oui, parfois dieu existe. Et que l’inspiration fait refleurir les êtres aussi fort que les fleurs.

Renaître à la naïveté des mots qui se bousculent pour se faire musique. Avec la nostalgie de tout ce qu’on a cru perdre et qui nous attendait là. Tout ce qui n’a jamais bougé. Tout ce qui nous porte à chaque instant, et réaffirme sa puissance à chaque nouveau printemps. La force d’aimer, de s’émerveiller, de se ranimer sous un regard qui nous rappellera qui nous sommes. Tout ce qui nous fait vibrer et qui s’éclipse craintivement au milieu des tourmentes qu’il nous arrive de déchaîner.

C’est l’histoire d’un silence qui se brise et d’un sourire qu’on ose.

Cette main tendue dans la musique, dans la montagne, dans les nuages que ce matin-là, on l’a saisie et plus rien d’autre ne comptait que cette chanson-là, qui doucement posait ses harmonies sur nos blessures et sonnait comme une réconciliation. Les jours pouvaient reprendre. On pouvait les aimer. S’éloigner de nos négligences, prendre soin de cette beauté qui nous enflamme à chaque crépuscule.

Se réveiller.

Se dévoiler.

Se révéler.

C’est l’histoire d’un oiseau qui, un matin, s’est souvenu comment voler encore, par la grâce d’une chanson.

Image à la Une © MOrisse
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