Léna Blou – « Je défends la dysharmonie et le déséquilibre pour penser le monde. »

Léna Blou est une danseuse-chorégraphe et chercheuse guadeloupéenne. Depuis plus de trente ans, elle dirige le Centre de Danse et d’Études Chorégraphiques de Pointe-à-Pitre, ainsi que la compagnie Trilogie depuis 20 ans. Elle a effectué un travail de recherche sur un genre musical et un ensemble de danses appelé “gros ka”. A partir de ses travaux, Léna Blou a créé la techni’ka, une nouvelle technique de danse internationalement reconnue. Propos recueillis par Julie Tomiche et Marion Muller.

Pouvez-vous expliquer au lecteur ce qu’est la techni’ka ? Comment cette danse s’inspire-t-elle des danses gros ka ?

La danse techni’ka est le résultat d’un long processus d’analyse de la danse traditionnelle gros ka, qui, parce que étiquetée comme traditionnelle, est enfermée dans quelque chose de désuet, de folklorique. Mon travail a été de mettre en évidence la technicité du gros ka, son aspect académique. Grâce à cela j’ai pu fonder une nouvelle technique de danse, une grammaire corporelle, pour que les gens accèdent, de manière moderne et contemporaine, à la danse gros ka. Pour faire simple, la techni’ka, c’est vraiment “la technique du gros ka”, c’est-à-dire une approche académique, quasi scientifique, de la danse traditionnelle gros ka. Avec laquelle on peut faire de la création contemporaine, moderne.

Quelle philosophie, quels idéaux aviez-vous en tête en créant cette danse ? Que tentez-vous de transmettre à travers elle ?

La Guadeloupe fait partie des territoires qui ont une histoire singulière, celle de la colonisation et de l’esclavage. La danse traditionnelle gros ka résulte aussi de cette histoire. Elle porte en elle les stigmates de l’histoire. Ma philosophie c’est de replacer la Guadeloupe et ses savoirs ancestraux à un niveau conceptuel. De manière à ce que l’autre, celui qui ne connaît pas la Caraïbe en dehors de son image idyllique de carte postale, puisse découvrir un espace de création, innovante et avant-gardiste. Je ne veux plus enfermer mon peuple, mon pays, dans ce trauma lié à l’esclavage.

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