Zoom sur la place du rap dans la culture française

Longtemps considéré comme un art urbain, le rap fait aujourd’hui partie intégrante de la musique contemporaine. En France, il reste malgré tout lié à une forme d’expression populaire.

Si la culture est un terme à la définition floue, la culture populaire en est un terme encore plus vague. Selon l’acception générale, la culture populaire se définit indirectement par opposition à d’autres cultures. Si l’on observe son anglicisme, la culture populaire s’exprime sous l’appellation “pop”, soit la contraction du terme anglais « popular”. N’ayant pas d’équivalent en français, on le traduit communément par « populaire » au sens « de ce qui vient du peuple ». Dans son acception anglo-saxonne, le mot désigne « ce qui sort de la rue » par opposition à ce qui est « issu de l’université, de l’élite ou des milieux autorisés ». Dans cette perspective, il semble alors que la culture pop s’oppose à celle des élites et la culture des classes. 

Naissance de la culture populaire

En France, la culture populaire se développe  dès le XVIIIe siècle, avec la naissance d’une culture ouvrière et d’un syndicalisme qui unissent les ouvriers.  Avec l’influence des colonies s’opère un métissage de la culture.  A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement français décide de s’emparer de la culture pour lui redonner un intérêt. André Malraux lance la création des Maisons de la culture afin de démocratiser la culture dans les provinces. Dans les années 1970, l’État français continue sa médiation culturelle avec Jack Lang, qui vient favoriser les arts dits “illégitimes” et renforcer les politiques de Malraux.

La définition anglo-saxonne de culture populaire la présente comme « une opposition avec ce qui est autorisé ». Elle est un contrepoids utilisé comme un outil de revendication militante. On peut difficilement concevoir que la culture d’une démocratie puisse être seulement régie par l’État. La culture d’un pays ne se définit donc plus en fonction de sa culture officielle (celle des élites et des dirigeants) mais grâce aux différentes productions culturelles reconnues et aux mœurs ancestrales ou nouvelles. La culture populaire française s’est ainsi développée en marge d’une institutionnalisation de la culture de l’État : elle est notamment le résultat d’un métissage qui ne se voyait pas représenté dans les politiques françaises. Au lieu de laisser des personnes parler en leur nom, ceux qui eurent besoin de s’exprimer décidèrent de s’armer de leurs plumes pour s’écrier face au silence qui les entouraient. Un exemple de porte-voix, qui a longtemps été décrié comme un “art de la rue” illogique, est bien le rap.

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