Albert Namatjira, Réunir deux mondes sur un tableau

On a coutume de dire que la culture nous permet de nous retrouver. Représentant notre peuple et notre passé, elle nous permet de nous situer par rapport aux autres civilisations et de nous créer une place dans la société. Mais qu’en est-il lorsqu’on est tiraillé par deux mondes qui n’ont rien à voir et même se refusent l’un l’autre ?   

Si la culture découle du peuple qui l’a construit, elle peut aussi être le résultat d’un mélange fait de conquêtes, de concessions et d’influences d’une culture au détriment d’une autre. Alors, lorsqu’un être se retrouve tiraillé entre deux mondes si distincts mais si liés, c’est la naissance d’un métissage. Celui-ci brouille les pistes stables d’une culture, la mêlant à d’autres influences extérieures. Et cette même multiplication de cultures peut résulter en une nouvelle, englobant ceux qui sont perdus entre des influences inconciliables.  

Albert Namatjira, naissance d’un artiste  

C’est de cette culture qu’est né Albert Namatjira. Du 28 juin 1902 au 8 août 1959, cet artiste, considéré comme l’un des plus célèbres peintres australiens, a grandi en étant à la fois australien et aborigène. Nommé Elea et originaire de la tribu Arrernte vivant à l’Ouest du pays dans les monts MacDonnell, il n’a pourtant pas été élevé dans sa communauté. Comme beaucoup de familles aborigènes du XXe  siècle, ses parents vont rejoindre les Missions Luthériennes en 1905 et se convertir à la religion chrétienne. Cette démarche n’était pas anodine, et faisait partie de la politique d’assimilation entreprise par les Australiens blancs face aux populations locales Aborigènes noires. Elle fut entreprise dès l’arrivée des Occidentaux en Australie, et son but principal était de faire des aborigènes des citoyens actifs dans le système économique et non dépendants dudit système, en prétendant les élever au même rang que leurs concitoyens blancs. L’adoption d’un nouveau style de vie plus occidental pousse donc les parents d’Elea à revoir leur mode de vie, à commencer par changer le prénom de leur enfant pour le renommer Albert.  

Mais cette nouvelle culture n’a pas le monopole du monde d’Albert. Conscient de son passé et de la richesse de ses racines, il retourne à l’âge de seize ans dans la brousse et suit une initiation à la culture traditionnelle de la communauté des Arrernte. Il y découvre alors un amour et un profond respect pour sa terre d’origine.  

L’affiliation complète à une culture est un chemin périlleux, encore plus lorsque ses mœurs sont strictes. Ainsi, lorsqu’il se marie à 18 ans, c’est une nouvelle rupture avec sa communauté qu’il crée : sa femme et son beau-père ne font pas partie de sa tribu. Et n’étant pas autorisé par la tradition à se marier avec une personne extérieure à la tribu, il se voit exclu pendant plusieurs années des Arrernte.  

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