Les énergies vertes, la fausse solution ?

“Le monde a écrit une nouvelle page de son histoire”, déclarait fièrement le Président François Hollande au lendemain de la COP 21, organisée à Paris en janvier 2015. Cet accord pour le climat fixe des objectifs ambitieux mais jugés nécessaires pour stabiliser les températures en-dessous de deux degrés. L’occasion d’entamer collectivement la transition énergétique tant attendue. Mais à quel prix ? Solaires, éoliennes ou hydrauliques, les énergies renouvelables apparaissent comme la solution pour répondre à l’urgence écologique. Elles présentent toutefois de lourdes contreparties par la pollution qu’elles engendrent à leur tour. Les énergies vertes sont-elles aussi propres qu’on le prétend ? Analyse d’une solution qui délocalise le problème de fond. Par Solène Robin et Candice Mazaud-Tomasic

Le vert rassure et promet un avenir sans embûches. Couleur de la nature et de l’espoir, il est directement associé aux énergies renouvelables, lueur d’optimisme dans la lutte contre le réchauffement de la planète. En 2014 déjà, l’institut de sondage IFOP révélait combien les Français étaient séduits par les technologies renouvelables : 91% de la population les jugeant “respectueuses de l’environnement ». Tel un remède indispensable pour satisfaire les aspirations européennes, elles doivent permettre au Vieux Continent d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. L’urgence propre à notre époque contraint de fait à trouver rapidement la solution qui contribuerait à la protection de la nature, tout en conservant la logique de profit du système capitaliste. Consommer autant et générer moins de pollution, l’énergie verte est-elle véritablement l’inconnue de l’équation ? La réalité scientifique répond et ne transige pas sur l’illusion d’un tel constat. Cette transition a beau prétendre à la recette parfaite, elle ne résout pas le casse-tête d’un nouveau modèle énergétique. La formule du journaliste Guillaume Pitron résume ainsi tout le paradoxe de cette question : “Pour faire du propre, il faut faire du sale”.

La transition énergétique idéale

Régulièrement évoquées au sein des débats sur l’écologie, les énergies renouvelables arrivent généralement en tête de liste des changements que le monde peut mettre en œuvre pour éviter les pires effets du dérèglement climatique. Il n’est en effet pas réfutable que le solaire comme l’éolien n’émettent pas de dioxyde de carbone ou d’autres gaz à effet de serre qui participent au réchauffement climatique. De la création d’emploi, à la résilience des réseaux, sans oublier l’élargissement de l’accès à l’énergie dans les pays en développement, le passage au vert polarise un certain nombre d’avantages.

L’éolien et le solaire photovoltaïque ont atteint des records au 1er trimestre 2019 en contribuant à hauteur de 91% à la croissance des énergies renouvelables électriques. Cela a permis de couvrir 22% de la consommation en France métropolitaine, détaille le rapport du Réseau de Transport d’Electricité (RTE).  Des parcs éoliens et des réseaux massifs de panneaux solaires font leur apparition dans les paysages publics et privés en France et à l’étranger. En 2019, Élisabeth Borne, ministre de l’Ecologie, a ainsi inauguré une ferme photovoltaïque de 14 hectares dans l’Eure. Emmanuel Macron a de son côté assuré en décembre dernier qu’il étudierait “des scénarios à 100% d’électricité éolienne et solaire”.

La transition verte constitue dès lors un véritable fonds de commerce pour l’avenir de certains secteurs d’activité. Une réalité qui s’illustre notamment chez nos voisins européens avec le producteur d’aluminium norvégien qui joue la carte de l’éolien, ou l’entreprise pharmaceutique danoise Novo Nordisk qui verdit son électricité au Danemark. Mais à quel point le vert est-il vert ? Bien que les pays cherchent fébrilement à prendre ce virage, peu d’acteurs ont encore pleinement abordé ses conséquences sur l’environnement. Philippe Bihouix, ingénieur et membre de l’Institut Momentum est formel : 

« Il n’existe pas de produit zéro impact, zéro CO2. On fait semblant d’être propre et en réalité on est sale. On a simplement délocalisé la pollution. »

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