SERIE SPECIALE DROITS DE L’ENFANT. Fredy Fadel pointe du doigt une manipulation étatique au détriment de nos libertés.
Notre liberté éducative est en danger ! Les écoles alternatives aux pédagogies humanistes sont fermées de façon arbitraire, à un rythme très soutenu depuis début 2024. L’instruction en famille (IEF) est de plus en plus restreinte, poussant une centaine de familles à entrer en désobéissance civile. La plupart des pédagogies sont sous le joug de propagandes diffamantes. En bref, la liberté de choix éducatif disparaît peu à peu, mettant en danger les droits fondamentaux de chacun. Dans ce contexte, Combat publie plusieurs tribunes de personnalités engagées dans la défense des droits de l’enfant.
Que dire ? Quand tout a été dit ?
Tout a été dit mais avec des termes abstraits, des termes surfaits, des termes qui suggèrent voire revendiquent la perfection. Richesse, liberté, humanisme, passion, authentique, démocratique… Tout est dit et fait de manière symbolique, la semaine de X, la journée de Y, l’année de Z, le siècle des T. Parfois on fait appel à la science, qu’elle soit neuro ou sociale, parfois on fait témoigner des études, pour asseoir ses propos. Pour chaque question on a tendance à invoquer l’oracle, l’autorité qui sait. On baigne dans ces habitudes. Mais elles sont à double tranchant. La connaissance est à double tranchant. Ce sont des méthodes de l’état [1] – le symbolisme, c’est le terrain de l’état –, c’est l’état qui se justifie avec des abstractions : liberté, égalité, fraternité. C’est du vocabulaire de ministre de dire : on a bien géré, on a fait tout ce qui était possible sans mettre en danger nos valeurs. Là il ne s’agit pas de valeurs abstraites. Le sujet ici est simple, nul besoin de spécialiste, d’études supérieures ou de connaissances, le sujet, on le maîtrise à fond. Puisqu’il s’agit de nous-mêmes.
Du consentement
L’exclamation en trois mots « fais pas chier ! », a-t-elle besoin d’être analysée, décryptée ?
Quand un enfant le dit à un autre, on le comprend bien. Quand un collègue le dit à un autre, on le comprend bien. Quand un voisin le dit à un autre, on le comprend bien. Là où ce serait tabou – néanmoins on le comprendrait bien – c’est quand un enfant le dirait à un adulte, quand un sans-dents le dirait au ministre, mais en fait peut-il le dire ? Il le peut, et dans nos contrées, il recevra comme réponse au mieux un « cause toujours », sinon une garde à vue, un coup de matraque, un œil arraché. La banalité du fait que l’état emmerde est tabou, et c’est là le problème. Il est pratiquement impossible de demander à l’état d’arrêter de nous emmerder.
« Tu m’emmerdes » veut dire : je ne consens pas, je ne suis pas d’accord. Je ne consens pas et aucune étude n’est nécessaire pour le comprendre, puisque c’est moi qui décide de ne pas consentir et pas un professeur émérite ou une société démocratique qui font des choix pour moi.
Magies et manipulations
Dans le film Mary Poppins de Disney (à voir et revoir), il y a la chanson A spoonful of sugar helps the medicine go down (« Une cuillerée de sucre aide le médicament à passer ») qui permet à la nounou Mary de manipuler les enfants – elle transforme en « fun » les corvées qui sont attribuées aux enfants qu’elle garde, c’est de la magie qui marche.
C’est ce dans quoi l’état excelle – la manipulation – ; il lui suffit de déclamer « c’est pour ton bien ». Il lui suffit de faire illusion : prétendre augmenter la « sécurité » pour pouvoir diminuer la « liberté ». Une cuillerée de sécurité aide la liberté à s’échapper. C’est ça le problème avec l’abstraction, on ne sait pas ce qu’on ne gagne ni ce qu’on perd mais la mélodie semble juste tellement on a été bercé aux grandes abstractions dichotomiques des droits et devoirs, démocratie et tyrannie, coopération et compétition, public et privé, adulte et enfant, collectif et individuel. Opposer ces concepts, c’est pratiquer le séparatisme, ça apporte de l’eau au moulin de l’état séparatiste.
Avec le covid, la mélodie s’est arrêtée pendant un temps et très vite, certains ont compris que finalement, l’école n’était pas le lieu le plus adéquat pour leur enfant ; très vite, l’alternative à l’école a commencé à séduire, très vite l’état se devait d’agir puisque c’est à l’école qu’on chante la mélodie des droits et devoirs – un peu de droit permet au devoir de passer.
Avec le confinement, l’état a fait une bourde, et comme toujours, l’état rectifie ses bourdes par d’autres bourdes. Là, c’était la soi-disant loi contre le séparatisme, pardon ! la loi pour le respect des valeurs républicaines.
L’état nous emmerde en matière d’école, mais aussi en économie, en culture, en agriculture. L’état emmerde en temps de guerre, l’état emmerde en temps de paix, l’état emmerde parce que le mot consentement n’est pas présent dans la constitution, ce gloubi-boulga abstrait d’interdits et d’obligations.
Par Fredy Fadel
[1] Pourquoi état avec une minuscule ? L’usage de la majuscule dans État ou Église signale une forme de distinction, d’importance, de respect, d’autorité ou d’abstraction. Pour moi, l’état est très concret, on peut difficilement en faire abstraction, il se rappelle à votre souvenir régulièrement. De plus, dans les exactions de l’état, il n’y a rien de distingué ni d’important, ni qui mériterait le respect.
