Ce mercredi, le Conseil supérieur de l’éducation examinait le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) censé être appliqué à la prochaine rentrée scolaire. Le texte, qui en est déjà à sa troisième version, continue de diviser.
Promis pour fin janvier par la ministre de l’Education Nationale Elisabeth Borne, le nouveau texte d’éducation à la sexualité fait et fera débat.
Il y a quelques semaines, après l’étude de la première version d’un texte sur l’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées, l’ancien ministre délégué à la réussite scolaire, Alexandre Portier, criait sur la fameuse “théorie du genre”, fantasmée par la droite conservatrice, qui “n’aurait pas sa place à l’école” tout comme le “militantisme”.
Et c’est là que je me révolte. Et c’est là que VOUS devez vous révolter.
Alerte à la transphobie
Tout d’abord, parlons de ce qui fait hurler ce pauvre ministre : l’apparition (à plusieurs reprises, attention) du terme “identité de genre” dans le texte. Rappelons que ce terme ne relève en aucun cas d’une quelconque “idéologie” et qu’il renvoie à un fait purement scientifique : la dysphorie de genre.
Si nous l’associons avec un acte militant, cela revient à dire que les personnes souffrant de dysphorie de genre ne sont pas légitimes à s’affirmer et à entamer une transition, puisque cela ne serait pas “réel” et uniquement politique. Le terme de “théorie du genre” est donc ouvertement transphobe. Il était d’ailleurs devenu un mot fourre-tout en 2013 sous l’impulsion de la Manif pour tous.
Lever les tabous
Or, si nous revenons à l’éducation sexuelle à l’école, nous pouvons aisément comprendre que les enfants et jeunes transgenres peuvent souffrir de ne pas se sentir représenté.e.s lors de ces cours. De plus, cela crée un réel risque de devenir une société LGBTphobe. En effet, si l’on n’éduque pas, dès le plus jeune âge, aux différentes orientations et identités existantes, comment faire pour que notre société soit tolérante ?
Et dans tout ça, quand pense-t-on aux enfants ? N’ont-ils pas le droit de connaître le monde qui les entoure ? N’ont-ils pas le droit d’apprendre à savoir qui ils sont ?
Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), environ trois enfants par classe seraient victimes d’inceste. Comment les protéger des violences sexuelles si les thèmes liés à la sexualité, au corps et au consentement ne sont pas abordés par peur de “choquer” ? Peut-être que certains des parents qui refusent ont des choses à se reprocher. Oui, cette dernière phrase est osée… mais empêcher l’éducation des enfants à une part importante de la vie, n’est-ce pas aussi complètement scandaleux ?
Est-ce vraiment du militantisme que de vouloir le bien, la protection et l’épanouissement des enfants ? Est-ce vraiment du militantisme que de briser les tabous ?
